
Les petites histoires du Bouffay
Un samedi matin au Bouffay, Farid fait visiter un deux-pièces sous les toits, dans une de ces maisons à pans de bois qui penchent un peu. Ses clients, un couple de Parisiens, sont venus avec une seule crainte : le bruit. « On a lu que le quartier était très animé… »
Farid ouvre la fenêtre pour leur montrer la vue sur les toits d’ardoise. À cet instant, l’horloge de l’église Sainte-Croix sonne midi, juste en face, sous ses anges qui soufflent dans leurs trompettes. Douze coups, en plein salon.
Silence gêné. Farid s’attend à voir la visite tourner court.
C’est la jeune femme qui reprend la parole : « Chez nous, à Paris, on entendait le périphérique. Ici, on entend des cloches. » Puis, en se penchant à la fenêtre vers les étals du marché en contrebas : « Et ça sent le pain chaud. »
Ils ont signé l’offre le lundi suivant. Aujourd’hui, ils nous disent qu’ils n’ont plus besoin de réveil.
Au Bouffay, le bruit fait partie du charme. Encore faut-il le faire entendre au bon moment.
